Confinement: quand l’accompagnement des jeunes sur les réseaux numériques n’est plus une option

Par 30 avril 2020mai 6th, 2020Actualités, Promeneurs du Net Loire

Le confinement imposé durant l’épidémie de Covid-19 a durement touché les acteurs de l’Éducation Populaire dans leurs activités, en les coupant du lien direct avec “le public” qui est l’essence même de leur raison d’être. Les structures ont dû revoir dans l’urgence leur manière d’exercer leur métier, et en particulier les professionnels de l’animation et de l’accompagnement de la jeunesse.

Nous savons tous où nous en sommes “aujourd’hui”, mais pour beaucoup l’avenir reste bien flou. Aussi, avec un début de dé-confinement progressif prévue pour le 11 mai, j’ai décidé de passer en revue quelques-uns des aspects “positifs” qui auront émergé de cette période si particulière. S’il est encore trop tôt pour tirer un bilan de cette période, il est en revanche utile de commencer à réfléchir à “l’après confinement” et tirer partie de la figure imposée qu’aura été le “Travailler Autrement”.

Alors que certains acteurs de l’Éducation Populaire se demandaient encore il y a quelques mois : “comment aller à la rencontre des jeunes et mieux répondre à leurs besoins à l’ère 3.0 ?”, le confinement aura eu de bon que toutes les générations confondues se sont retrouvées au même moment au même endroit: Internet!

 

Un autre aspect positif du confinement aura été de renforcer la conscience de l’importance de l’accompagnement des jeunes dans leurs pratiques numériques. Celles et ceux qui ont eu à faire “l’école à la maison” s’en seront rendu-compte : un ado qui sait utiliser une console de jeu ou tapoter plus vite que l’éclair sur son smartphone ne sait pas pour autant maîtriser les logiciels informatiques ou les méthodes de travail à distance.

Quand accompagner les jeunes sur les supports numériques n’est plus une option mais une obligation

En ce qui concerne les structures de la Loire, pour celles qui avaient déjà pris la décision d’intégrer le numérique dans leurs pratiques, comme avec le dispositif “Promeneurs Du Net”, il semblerait que cette période n’ait été qu’un accélérateur, pour d’autres une confirmation, et pour d’autres encore un révélateur.

  • Tout à coup les Promeneurs Du Net ont vu leur rôle et missions mis en avant, reconnus à leur juste valeur.

Face aux mêmes enjeux et besoins, d’autres professionnels de la Jeunesse, en dehors du programme Promeneurs du Net, ont improvisé ou développé leur présence en ligne pour faire… les mêmes choses. Quitte à devoir improviser, sans pouvoir bénéficier de l’expérience, de la formation, des ressources et de l’entraide au sein du réseau actif depuis plusieurs années.

  • Certains-es Promeneurs·euses du Net ont fait évoluer leur présence sur Instagram pour proposer des défis, faire découvrir des musées virtuels ou inciter les jeunes à valoriser leur créativité à travers des actions collectives…
  • D’autres en ont profité  pour se professionnaliser dans leurs pratiques numériques.
  • D’autres plus habitués·ées au travail de terrain, ont su habilement passer des maraudes de rues aux maraudes numériques.
  • Au-delà d’avoir su transposer leurs pratiques du tangible au numérique, les professionnels·elles de la jeunesse se sont retrouvés avec de nouveaux contacts, les amis-es des amis·es sont devenu·es leurs “followers” ou “abonnés·ées”.
  • Les groupes en ligne comme sur Snapchat ou autres salons de discussions sur Discord ont été utilisés, non plus seulement pour échanger sur le dernier jeu vidéo à la mode, mais pour garder le lien avec son éducateur ou animateur.
  • Les jeunes quand à eux se sont volontiers prêtés au jeu des visioconférences, proposées par leurs professeurs, animateurs, éducateurs ou autre conseillers.

Dans des cas plus extrêmes, certain·es se sont retrouvé·es être l’unique soutien pour des jeunes en confinement, particulièrement isolés. Ces derniers ont nécessité au-delà des aides habituelles, d’un soutien psychologique important. Je ne vais pas citer ici toutes les actions positives menées car la liste serait bien trop longue.

Cependant

Même si il est clair que les outils et pratiques numériques auront participé à ce que les professionnels·elles de la jeunesse puissent poursuivre leurs missions d’animation auprès des jeunes de 12 à 25 ans et accompagner les plus fragiles, cette période de confinement à également mis en exergue la limite de l’exercice.

La dimension relationnelle est une composante de l’être humain et toutes les visioconférences du monde ne remplaceront jamais une partie de fou-rire autour d’une partie de “Loup-Garou”, n’importe quel jeu vidéo ne remplacera jamais les voyages entre adolescents où l’on se forge des amitiés pour la vie, ressent des émotions nouvelles et se créer des souvenirs.

 Et après?

S’il y a deux éléments à retenir pour l’après confinement, le premier serait la reconnaissance dont ont su témoigner les jeunes aux professionnels·elles qui auront pu rester mobilisé·es pour les accompagner, à distance, dans leurs vies de tous les jours, face à l’ennui, les doutes, les complications, les conflits familiaux et la désinformation.

Le second est qu’il est à souhaiter que cette reconnaissance soit suivie d’une réflexion de la part des structures et organismes professionnels sur la mise en place concrète du télétravail et des moyens techniques à mettre en œuvre, qui ont cruellement manqués aux professionnels·elles volontaires pendant cette période.

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Image à la une: Steve Read, “The downside of working from home during the school holidays” (recadrée)
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