On fait du code ou de la programmation? De la philo peut-être?

Par 22 février 2021Actualités, blog

Un atelier “code et programmation” utilisant des robots Thymio, avec un groupe d’adolescentes pendant les vacances scolaires en période de pandémie… ça amène des questions intéressantes… En ce qui me concerne c’était une première utilisation du robot Thymio dans ce contexte, et du coup, ce qui suit constitue mon retour personnel sur les intérêts de ce type d’ateliers, en fonction du public… et de l’animateur.

WiFilles 2021: Robotique, programmation, code avec le robot Thymio

Programmation? Code? Codage? Et qu’est-ce qu’on fait lors de nos ateliers avec les robots Thymio?

Hé, on m’a posé la question…

Si on interroge un informaticien il aura sûrement sa réponse de spécialiste avec des subtilités propres à sa spécialité. Si on interroge Wikipédia, la première ligne de l’article dédié nous dit que La programmation, appelée aussi codage dans le domaine informatique, est l’ensemble des activités qui permettent l’écriture des programmes informatiques.

et si on interroge TICE Éducation, qui a lu le Larousse: on trouvera la distinction suivante:

  • Programmation (informatique) : Ensemble des activités liées à la définition, l’écriture, la mise au point et l’exécution de programmes informatiques. (définition Larousse)
  • Codage (informatique) : Le codage est l’écriture d’un programme à l’aide d’un langage informatique.
  • Le mot programmation semble avoir un sens plus large. Le codage étant plus précisément la phase durant laquelle on saisit des instructions dans un langage informatique donné.

Alors qu’est-ce qu’on fait nous autre avec nos robots, nos ateliers de création de jeux vidéo…

Et bien on fait de la découverte, de l’initiation,
à la programmation en tant que concept général
et au code/codage en tant que pratique concrète[1].

(et on fait ça en s’amusant, tant qu’à faire)

Le tout servant de support à de la médiation numérique qui permet aussi d’aborder le sujet sous des angles économiques, éthiques, environnementaux… et pourrait même servir à l’élargir à d’autres sujets liés, même les moins attendus, comme ce fut le cas récemment en atelier avec un groupe d’adolescentes du programme Wi-Filles:

Et nous, on serait pas un peu des robots?

PhilosoraptorMais nos programmes ils viennent d’où?”

C’est sûr: ça déborde le cadre de l’animation et ça peut nous amener assez loin… Du côté de la religion évidemment, ou de la philosophie…

Mais comme on est sur une animation scientifique/technique, on va plutôt s’appuyer dessus pour rappeler qu’il y a aussi  des sciences et des disciplines complexes qui s’intéressent à la question.

Si on veut faire un parallèle avec les disciplines qui permettent de créer et de faire agir des robots, mais qui s’intéressent aux êtres vivants: biologie, neurosciences, voir même psychanalyse ou méditation de pleine conscience… Et des travaux qui  ont produit des concepts comme le déterminisme, pour n’en citer qu’un. Et d’autres encore qui s’inspirent de la biologie pour des transferts vers la technologie: biomimétisme, intelligence artificielle
Accordé: certaines disciplines sont parfois qualifiées de pseudo-sciences, ça discute, ça débat, ça polémique. Mais c’est toujours intéressant de rappeler, à une époque où les fake news et les théories du complot envahissent nos écrans, et où la science est présentée comme une opinion, qu’il existe une (des…) méthode scientifique sans laquelle ces mêmes écrans connectés n’auraient jamais existé.

Tout cela est fort intéressant mais c’est pas le sujet!

Vous aurez l’occasion d’y réfléchir plus tard. Vous ne préférez pas jouer avec les robots?

Quoi que… tant qu’on y est…

On a vu que le mot robot dérive du mot tchèque “Robota” qui signifie “travail, besogne, corvée“: un serviteur à qui on confie des tâches à effectuer à notre place. Alors il est intéressant de se demander qui est le patron, qui est le vrai maître, de ces robots qui nous entourent et que nous utilisons.

Surtout pour les plus discrets de ces robots, ceux qui ressemblent à ça:

Le logo d’Android, système d’exploitation pour smartphones

plutôt qu’à ça:

Marc Raibert, fondateur de Boston Dynamics, Darrell Etherington, modérateur de TechCrunch et le robot Spot de Boston Dynamics’ Spot – TechCrunch Disrupt London at the Copper Box, 5 déc. 2016 à Londres. (Photo par John Phillips/Getty Images for TechCrunch) – Licence CC By

C’est sûr: je suis impressionné quand une collégienne de 3e me cite Boston Dynamics lors d’un atelier Thymio!

J’aimerais aussi beaucoup qu’elle réfléchisse à qui est le vrai maître des applications gratuites qui utilisent les capteurs de son téléphone portable et à qui elle confie ses données personnelles…

Mème internet dérivé du Lego Doctor, auteur inconnu, traduction: Eddie, Zoomacom.

"Ma femme m'a demandé pourquoi je parlais si doucement dans la maison. J'ai dit que j'avais peur que Mark Zuckerberg écoute! Elle a rigolé. J'ai rigolé. Alexa a rigolé. Siri a rigolé." James Franco

Mème internet, auteur du montage photo inconnu, traduction: Eddie, Zoomacom.

L’occasion de parler de l’Open Source???

En a peine deux heures, les Wi-Filles participantes à l’atelier Thymio avaient “assemblé du code” et étaient capables de lire et comprendre les programmes simples qui animaient les robots des autres participantes.

Une fois qu’on a mis les mains dans le code, qu’on a pris conscience par la pratique que les machines ne faisaient QUE ce que leur programmeur leur avait demandé de faire, il est plus facile de comprendre la différence entre un programme dont le code est secret, fermé, “en boîte noire”… et un programme avec un code accessible, ouvert, “open source“.

Si vos participant·e·s sont proches de l’année du BAC, vous pouvez toujours revenir sur  l’algorithme de Parcoursup qui contribuera à décider de leur orientation. Vous pourriez même utiliser l’illustration suivante…

Et leur poser la question: “ça ne vous pose pas de problème qu’une machine décide? Ça ne vous intéresse pas de savoir comment le robot fait son choix?”

Ce qui, de nouveau, peut nous emmener assez loin du sujet de l’animation: selon le temps disponible, le public et le cadrage de l’animation, notez bien que Les algorithmes” sont un sujet en soi et peuvent faire l’objet d’ateliers, présentations, expositions… spécifiques. Quant au sujet de l’Open Source, là aussi il est loin d’être simple.

À propos de

Wi Filles

Wi Filles est un programme de sensibilisation des jeunes filles aux métiers et aux compétences du numérique porté par FACE Loire pour sensibiliser et inciter les filles aux métiers et aux compétences du numérique. Les jeunes volontaires suivent des ateliers pendant plusieurs mois, les mercredis après-midi,et pendant les vacances scolaires, en partenariat avec de nombreux·euses professionnel·le·s du numérique, dont Zoomacom, pour la troisième année consécutive.

Nos animations et ateliers robotique, code, programmation

Notes
[1] Parce que pour nous, comme on le répète depuis des années “On ne se forme pas aux usages du numérique, on les pratique.

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