Êtes vous une association 2.0 ?

Par 28 août 2009 mars 29th, 2019 Archives Cyberloire, News

Certainement un des sujets les plus polémiques et sensible à aborder tant il fait appel à une longue histoire de notre pays… la vie associative !
définition de «association à but non lucratif selon wikipédia : (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_%C3%A0_but_non_lucratif )
Une association est un regroupement d’au moins deux personnes qui décident de mettre en commun des moyens afin d’exercer une activité dont le but n’est pas leur enrichissement personnel ; c’est pourquoi on parle aussi d’association à but non lucratif, ou d’association sans but lucratif en Belgique, association loi 1901 en France, …). Le caractère désintéressé interdit la distribution d’un bénéfice aux associés mais il n’implique pas que l’activité soit déficitaire ; un bénéfice peut servir à développer l’activité.


définition du web 2.0 selon wikipédia : (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0 )
Le Web 2.0 désigne les technologies et les usages du World Wide Web qui ont suivi la forme initiale du web[1], en particulier les interfaces permettant aux internautes d’interagir simplement à la fois avec le contenu des pages mais aussi entre eux, créant ainsi le Web social.
Les partisans de l’approche web 2.0 pensent que l’utilisation du web s’oriente de plus en plus vers l’interaction entre les utilisateurs, le crowdsourcing et la création de réseaux sociaux rudimentaires, pouvant servir du contenu et exploitant les effets de réseau, avec ou sans réel rendu visuel et interactif de pages web. En ce sens, les sites web 2.0 agissent plus comme des points de présence, ou portails web centrés sur l’utilisateur plutôt que sur les sites web traditionnels. (…) Dans le Web 2.0, l’internaute est acteur. Il contribue à alimenter en contenu les sites, blogs, wikis…

Alors maintenant que nous avons évoqué les définitions apportant une forme de neutralité au débat engagé, pourquoi parler d’association 2.0 ?
Sans doute par cette ressemblance qu’il existe entre la philosophie même du web 2.0 et la raison pour laquelle les associations se constituent (ou se défont…) chaque jour : « l’échange » !
Comment expliquer d’un côté des associations (hors sportives) qui agonisent, voire disparaissent en trouvant de moins en moins de bénévoles et de financements alors que leurs sollicitations ne cessent de croitre (Resto du coeur, croix rouge françaises, ONG, secours populaire, Centres Sociaux, lieux d’accueils, association environnementale, aide à la personne…), et que de l’autre, des millions de «web-acteurs», comme ils se définissent, organisent des rencontres réelles et virtuelles via internet ? Créent des groupes de discussions et de rencontres au delà même de nos approches territoriales conventionnelles ? Organisent des systèmes de monnaies complémentaires ? Mettent en oeuvre des réseaux sociaux d’échanges et de dons sous forme de biens ou de services ?

Les « web-acteurs » ne sont-ils pas des bénévoles comme les autres… ceux de nos associations loi 1901 à but non lucratif (comme on aime le rappeler dans les instances dirigeantes) ? Ne traitent-ils pas des mêmes sujets que sont « la santé, l’éducation, l’emploi, l’environnement, l’économie, la culture… » ?
L’espace public n’a t il pas aujourd’hui de fait une part de numérique qu’on le veuille ou non ?
Et bien si ! Et pourtant ces 2 univers ont tendance à se croiser sans jamais se parler, ou du moins se comprendre.
On pourrait bien sûr s’étendre sur l’engagement associatif et l’appartenance à un collectif qui n’est certes pas la même chose, mais il est plus flagrant de constater la peur de perdre le fond au profit de la forme pour les uns, et l’exaspération du manque de transversalité et de globalité dans les approches pour les autres… les 2 craintes sont légitimes et pourtant pas incompatibles.
Lorsque vous parlez d’un sujet qui vous tient à coeur, il ne vous viendrait pas à l’idée d’opposer le fond et la forme de vos propos ? Votre interlocuteur attachera autant d’importance à ce que vous direz qu’à la façon dont vous l’exprimerez, et ce, que vous le vouliez ou non.
Entre vouloir sensibiliser des parents à l’hygiène de leurs enfants et le fait de créer un espace ‘Netvibes’ réunissant des ressources en ligne issues de retour d’expériences sur le sujet et de le ‘twitter’ ou le diffuser sur ‘FaceBook’ c’est la même chose ! Les outils sont juste plus « dynamiques » donc certes moins organisés(ables), mais plus efficaces, moins contraignants, donc plus agréables pour diffuser et transmettre… quoi ? Du contenu !!!
Lorsque l’on observe de près les pratiques et les usages fait du fameux « web 2.0 », on se rend compte qu’ils ne sont en rien innovant lorsqu’on les rapproche à l’histoire des associations, à la création de l’éducation populaire, à la naissance des mutuelles, la création des SEL, des coopératives… et aujourd’hui l’économie sociale et solidaire qui représente déjà 10% du PIB (chiffre CRESS 2009).
L’environnement, les repères, la culture et les outils ont simplement changés, se sont élargis et les frontières ont explosées avec ou à cause des TIC. Mais le fond et l’envie d’agir sur sa « cité » demeurent intact, les comportements se sont simplement adaptés à leur environnement et il ne peut donc y avoir les « pro » et les « anti » TIC. A défaut de le maitriser, il est possible d’influer sur son environnement… même numérique, du moment que la connaissance se diffuse et se partage !
Il semblerait donc à ce point de réflexion que le débat devrait davantage se faire entre les « conformistes » exigeant en permanence l respect des règles établies (et Dieu sait qu’il en faut si l’on veut conserver un minimum de cohérence et de qualité) et les « Cybermilitants » qui sont dans une dynamique sociale collaborative où les monnaies complémentaires se mettent en place, les brevets propriétaires sont remplacés par des licences libres et gratuites, les outils se prennent et se jettent en fonction du besoin et non de la structure…
Des rapprochements évidents sont donc à faire entre les acteurs de la vie associative au sens large et les Espaces Publics Numériques qui sont les mieux placés en terme de ressources et de compétences pour permettre ces rapprochements.
Ce débat a eu une première occasion d’être organisé sur la «place publique associative» dans la Loire, lors de la soirée-débat de rentrée de l’UVA (Université de la Vie Associative). Le 26 novembre 2008 a été proposé, par un collectif d’organisateurs animé par le RDAC, aux associations de la Loire de se retrouver autour du thème provocateur : «Les associations peuvent-elles se passer des TIC ?». A l’image de cet article, le débat fut virulent, à l’image du discours provocateur de l’intervenant Eric Dacheux (Professeur d’Université à Clermont-Ferrand) mais laisse penser qu’il mérite d’être continué.