Le jeudi 9 octobre 2025, s’est tenue la journée intitulée « la prostitution : de la prévention à la prise en charge des mineurs et des jeunes majeurs victimes » dont l’ouverture a été présidé par Nathalie PROUHEZE, secrétaire générale adjointe de la préfecture de la Loire. Cette journée métropolitaine a été organisé à destination des professionnels de la prévention spécialisée. Delphine Duriaux, médiatrice numérique pour l’association Zoomacom et coordinatrice des dispositifs Promeneurs du Net (CNAF) et Pole Ressource Contre les Cyberviolences (PRCC) a participé à la table ronde intitulée « Comment les professionnels abordent, avec les jeunes, les questions de sexualité ?
_ L’éveil à la vie affective, relationnelle et sexuelle est une étape essentielle dans le développement des enfants et des adolescents. Il ne se limite plus seulement aux cercles familiaux et scolaires puisqu’il se poursuit ou démarre en ligne. Les relations intimes et la sexualité amènent les internautes a passer par la communication verbale et la diffusion de contenus intimes via les outils numériques. Ce sont des périodes où mineurs comme majeurs peuvent etre confrontés au risque de diffusion de leurs contenus intimes, de sextorsion, de grooming et autres pratiques de cyberviolences.
Les professionnels formés par l’association Zoomacom, notamment les Promeneurs du Net, assurent une présence éducative sur les réseaux sociaux et se situent au plus près des usages numériques des jeunes et des familles. Grâce aux journées de sensibilisation et de formation dédiées à la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs, ces professionnels engagés dans un travail en réseau, sont en mesure de devenir des personnes ressources en matière de prévention auprès des jeunes et des familles. Leur présence en ligne peut faciliter l’orientation des publics à risque.
Les professionnels du social et du médico-social (éducateurs, psychologues, infirmières, etc) sont en première ligne pour accompagner les mineurs et jeunes adultes victimes. Ils représentent bien souvent leur seul lien vers l’extérieur et une potentielle porte de sortie des réseaux d’exploitation sexuelle des mineurs. La formation des professionnels sur les questions des cyberviolences, de l’Allers-Vers ou maraude numérique, sont des outils qui permettent de diversifier les pratiques des professionnels.
Contexte
_ En 2026, la prostitution de rue n’a pas disparue, mais elle est désormais supplantée par la cyberprostitution, nouvelle forme de marchandisation du corps humain. À l’ère du numérique, l’hypersexualisation des jeunes sur Internet, encouragée par la mise en scène de corps sexualisés et l’imitation de normes pornographiques, ne reste pas sans conséquences : elle contribue à banaliser auprès des jeunes l’idée que le corps peut se monnayer et à créer un terreau propice à l’exploitation sexuelle des mineurs. (source : Droit d’enfance)
En France, ce sont plus de 20 000 mineurs (chiffres 2020) qui sont victimes d’exploitation sexuelle, un chiffre sans doute sous-évalué. Face à ce phénomène en expansion (y compris dans le département de la Loire) l’État a lancé un plan de lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs. Il s’agit de pouvoir mieux repérer les enfants victimes de ce fléau et de les accompagner dans une reconstruction de leur parcours de vie.

Freepik – jeunes gens nightlife
Selon l’article de Aloise Quesne, maitre de conférence Univ.Paris-Saclay, la « cyberprostitution » est en pleine expansion et représente près des deux tiers de la prostitution en France. Enfin, en dehors des annonces, internet favorise l’organisation logistique via les plateformes de location d’appartement comme airb&b où auront lieu la prostitution. Ainsi Internet influence plusieurs aspects de la prostitution des mineurs : la banalisation, le recrutement, l’organisation. Il est donc urgent de faire une meilleure prévention auprès des jeunes. Il est également important de responsabiliser voire de pénaliser les sites internet qui tirent profit des activités de prostitution des mineurs.
Le cyberproxenetisme se déploie également via de nombreuses plateformes numériques accessible par tous et est exercé par des cyberproxenetes ou « Loverboy » majeurs ou mineurs. Ainsi, par l’utilisation précoce et non controlée du numérique, les mineurs sont plus que jamais exposés. Depuis la loi du 13 avril 2016, les personnes en situation de prostitution sont reconnues comme des victimes de violences. Cette loi renforce la lutte contre le système prostitutionnel et l’accompagnement des personnes prostituées. Il est important que les professionnels de la jeunesse et de la parentalité soient au fait de cette problématique afin de pouvoir repérer, orienter ou accompagner les jeunes et les familles. Cela participe aux mesures de prévention face au risque prostitutionnel et de l’exploitation sexuelle à l’ère du numérique.
Pour renforcer les actions de lutte contre l’exploitation sexuelle, l’État a lancé le 2 mai 2024 : la première stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel et l’exploitation sexuelle, autour de quatre axes :
Retrouvez ci-dessous la liste des professionnels qui sont intervenus lors de cette journée.
- Prévention Spécialisée sur le territoire métropolitain : chiffres clés », présentée par Nora KHENNOUF (SEM)
- Prévention Spécialisée dans la politique de lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs, Stéphane VIAL, Directeur prévention spécialisée du Comité Dauphinois* (CADASE), David LE MONNIER, Directeur Général adjoint de l’Association Départementale pour le développement des Actions de Prévention des Bouches-du-Rhone ADDAPT13, Anne-Marie FAUVET, Directrice du Groupe AGASEF42
- Présentation de deux situations de mineurs victimes, accompagnés par l’Association Communautaire d’Action et de Recherches Sociales, ACARS et la Sauvegarde42
Table ronde 1 : « Quelles sont les modalités et les enjeux du signalement et de l’information préoccupante dans ce contexte ? »
Intervenants : Mme GERVAIS, substitut du Procureur de la République, Mr LOMAMI, responsable de la CRIP, Mrs ROUILLER et BELLON, représentants des services de police (traitement du proxénétisme) et les professionnels du service de Prévention Spécialisée de l’ADDAPT13 (Bouches du Rhône) :
Témoignages des équipes mobiles d’intervention spécialisées sur les problématiques de prostitution des mineurs.
- Témoignage d’un père pris en charge par l’équipe CEAF AGASEF
- Processus de travail du CODASE* vers le déploiement d’une équipe mobile spécialisée
- Présentation de la Méthode de travail du GLM « Good Life Model », Equipe mobile spécialisée de l’AGASEF
Table ronde 2. : « Comment les professionnels abordent, avec les jeunes, les questions de sexualité »
- Podcast « Paroles de jeunes » ACARS,
- Coordination entre psychologue et professionnels de la prévention spécialisée Sauvegarde42
- Role et missions du Nouveau Planning Familial 42, Adri Papin
- « Sexualité et réseaux sociaux », Delphine Duriaux, coordinatrice du dispositif « Promeneurs du Net« de la Loire et Pole Ressource Contre les Cyberviolences (PRCC) pour l’association ZOOMACOM (article Fondation de France)
- Des outils au service du repérage des violences, Service Agressions Sexuelles et incestes de l’AGASEF

Agasef – Livret Equipe mobile prevention
Vous êtes témoin ou victime, comment signaler :
- Dans le département de la Loire (42), l’équipe mobile de l’Agasef est spécialisée « Lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs et de prévention des conduites à risque adolescentes » intervient sur tout le territoire auprès des jeunes victimes ou à risque et leurs familles. L’équipe mobile intervient également auprès des professionnels. Contact : 04 77 32 51 73 et pour en savoir plus sur leurs missions nous vous invitons à consulter leur plaquette
- Je suis victime ou témoin de prostitution en ligne
- Droit d’Enfance / dispositif PARÉ et la cartographie des acteurs
- Amicale du Nid
- Point de contact.net
Ressources
Article » Lutte contre le système prostitutionnel «
La loi du 4 mars 2002, relative à l’autorité parentale, indique que la prostitution des mineurs est interdite. Tout mineur qui se livre à la prostitution, même occasionnellement, est réputé en danger et relève de la protection du juge des enfants. Ce phénomène, présent sur tout le territoire, touche surtout des jeunes filles mais aussi des graçons âgées de 13 à 17 ans, les plus jeunes ont parfois avec un point d’entrée dans la prostitution de plus en plus tôt, se situant entre 14 et 15 ans. [Toutes les sphères sociales sont concernées] […] Lire la suite.
Article de Aloise Quesne, maître de conférences en droit privé à l’université Paris-Saclay – Évry Val d’Essonne, membre du Centre de recherche Léon Duguit (CRLD), directrice de la clinique juridique « One Health-Une seule santé » : « La prostitution à l’ère du numérique nouvelle forme de marchandisation du corps humain. »
Extrait Journal Officiel : Avis sur la prévention et la lutte contre la prostitution des mineurs et la traite à des fins d’exploitation sexuelle
Fondation PARé, contre l’exploitation sexuelle des mineurs, un réseau national d’acteurs mobilisés.
« Alice tombe dans le piège d’un proxénète » une BD de sensibilisation à destination des jeunes.