Pas facile d’avoir une vision globale des acteurs et initiatives qui participent à la pratique et au développement de modes de  vie « libres et durables » sur un territoire. Dispersion des informations, multiplications des service de communication, infobésité… et au final manque de visibilité. Un constat fait à la fois par les acteurs eux-mêmes (collectivités, associations, entreprises…) et par des citoyens qui se voudraient « consom-acteurs ».

CDprojectIl existe une multitude d’annuaires et de cartes, à des échelles diverses. Tous parcellaires, souvent centrés sur une seule thématique, et absolument déconnectés les uns des autres, techniquement et juridiquement (*).

Faisant ce constat régulier, de nouveaux venus émergent régulièrement avec leur projet de nouveau portail, participatif, qui viserait à centraliser les informations au sein d’un annuaire, d’une carte ou des deux. Impasse. Outre qu’un outil unique qui conviendrait à tout le monde n’existe pas, au mieux ils parviennent  à créer encore une source d’information partielle qui s’ajoute au bruit ambiant.

Dans le « monde réel », les compétences et les ressources (humaines, techniques et financières) sont à l’image de ces cartes et annuaires sur l’Internet : dispersées, déconnectées

 

État des lieux non exhaustif (et pour cause…)

Voir l’Inventaire non exhaustif des cartes et annuaires existants (Loire) sur la plateforme de travail collaboratif  Openscop Collab.

 

Des besoins et une envie de faire ensemble qui émergent en Loire-Sud

Dés 2011, des conversations entre acteurs au Comptoir Numérique, typiques d’une alchimie des Tiers-Lieux, faisaient déjà le constat et ébauchaient des solutions théoriques. En 2012,  Zoomacom, Alolise et le Réseau Départemental des Acteurs de la Cyberloire développaient des projets et animations autour d’OpenStreetMap. Côté Openscop, David Rechatin explorait des solutions techniques avec des stagiaires en informatique. Début 2013,  l’association Ocivélo, appuyée par Zoomacom mettait en route une première exploitation thématique de la base de données OpenStreetMap pour réaliser une carte des aménagements cyclables de l’agglomération stéphanoise.
Le 7 mars 2013, au tiers-lieu associatif stéphanois Le Pied des Marches, une première rencontre intitulée « convergence des alternatives«   initiée par Joël Marty (connecteur à multiples casquettes, dont celle de Loire en Transition) a rassemblé des acteurs du développement durable de Loire-Sud. L’idée était « de faire le point sur les projets, réseaux, initiatives existantes, afin d’avancer dans la même direction ensemble, quand c’est plus cohérent, plutôt qu’en parallèle chacun sur ses rails. Activer-accompagner-accélérer la transition vers un futur que nous voulons construire plutôt que subir.« 
Pour tester un début de convergence, deux actions transversales ont été choisies :
  • La participation à la création de la Monnaie Complémentaire Locale
  • La participation à la création d’une cartographie du territoire recensant, les alternatives émergentes, les commerces et services locaux éthiques, la consommation collaborative, etc… avec le support de l’association  Zoomacom et la société coopérative Openscop.

 

CDprojectP2PConstruire ensemble un système pair-à-pair, collaboratif et participatif

Et si la solution c’était la création d’un bien communs par le partage et l’interconnexion ? C’est en tout cas ce que plaident Zoomacom et Openscop pour répondre à ce besoin de visualisation du territoire ligérien exprimé régulièrement.

La solution de la carte « OuVerte » adoptée par la Ville de Rennes est déjà une excellente base et d’autres initiatives peuvent nous inspirer, d’autant qu’elles sont documentées dans un souci de partage d’expérience pour être dupliquées (c’est le cas de la carte collaborative de Plouarzel).

Pour autant faut-il s’en contenter ? Pourquoi ne pas aller encore plus loin en terme de fonctionnalités, d’usages et de potentialités ? La réflexion est collective et ouverte. Une telle coordination ne constiste pas à mettre des moyens humains au service d’un projet technophile mais bien à se rassembler intelligemment autour d’un outil commun.

Du 22 au 23 mars, lors du premier OpenSchool week-end au Mixeur (autre tiers-lieu stéphanois), une équipe d’étudiants, professionnels et bénévoles associatifs ont présenté puis jeté les bases d’un outil. Baptisé « Cartelier », il se voudrait « une plateforme numérique répertoriant les initiatives locales, jouant la carte de la consommation collaborative. Cet outil web 2.0 permettra de rendre visibles les initiatives ayant pour but l’appropriation par le citoyen de son village, de sa ville, de son pays et d’autres horizons plus lointains encore. Plus d’infos : Une carte locale pour les bonnes initiatives et la consommation collaborative

Pour rassembler les bonnes volontés manifestées lors des rencontres précédentes, David Rechatin a invité les personnes intéressées à travailler ensemble au Comptoir Numérique sur le sujet de la « Cartographie collaborative ». Durant la soirée du 15 avril, quinze personnes ont planché, en ateliers co-animés par Zoomacom et Openscop : pour commencer à faire émerger les besoins, les opportunités, et les solutions. Le compte-rendu est disponible en ligne sur la plateforme de travail collaboratif  Openscop Collab.

En pratique : comment on fait ?

Un groupe de travail se retrouve tous les jeudis à 16h au Comptoir Numérique, 7 place Maréchal Foch à Saint-Étienne.

Un groupe virtuel sur la plateforme de travail collaboratif d’Openscop rassemble documents et contributions : Openscop Collab > Carto collaborative. Vous pouvez vous inscrire librement sur cette plateforme et intégrer le groupe.

À ce stade, il faut :

  • finaliser la page synthèse de présentation du projet. Des blocs-notes collaboratifs ont été créés permettant de participer à distance.
  • organiser des groupes de travail sur les différents aspects du projets (contributions, exploitation, technique…).
  • avant l’été : écriture du projet / « cahier fonctionnel » (vs « cahier des charges ») avant l’été
  • pendant l’été : contacts et recherches de partenaires, techniques (ressources locales et communauté OpenStreetMap mondiale) et financiers.

Contact-relais : eddie.javelle à zoomacom.org
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(*) en pratique seulement, car beaucoup utilisent Google Maps pour leurs cartes. Et les données sont bien collectées par un acteur unique : Google. L’API Google Maps peut être utilisée dans des projets libres (free) ou en développement ouvert (open source), mais les données cartographiques retournées par l’API resteront sujettes au droit d’auteur. Nous avons besoin de données cartographiques libres qui permettront aux développeurs, acteurs sociaux et autres de mener à terme leurs projets sans être limités par l’API Google Maps ou par les conditions d’utilisation.