Suite à la cartopartie organisée par le service Jeunesse de St-Chamond pour la semaine du logiciel libre et impliquant des enfants du Conseil Municipal des Jeunes, il est apparu que la cartopartie (ou « mapping party« ) était un format d’animation qui fonctionnait plutôt bien avec un public de pré-adolescents. Restait à confirmer et affiner. Pour cela, il fallait mobiliser une structure d’éducation populaire, accueillant un jeune public, liée à un territoire dont la cartographie sur Openstreetmap restait à compléter.

Saint-Étienne comporte de telles structures. Les détails du Parc de Montaud, pourtant important (55 hectares sur une des collines de la ville) et ses environs (jardins ouvriers…) n’étaient pas cartographiés sur OpenStreetMap et ses limites étaient imparfaites.

Une association locale y est consacrée : le Comité d’animation pour tous sur le parc de Montaud, association d’Éducation Populaire située au pied du parc. De l’autre côté de la colline on trouve le Comptoir Numérique, « camp de base » de Zoomacom, Pôle de Ressources Numériques de St-Étienne Métropole. Un tiers-lieu, qui héberge ou voit passer plusieurs structures et individus contributeurs d’OpenStreetMap et/ou développeurs d’application de cartographie collaborative (au sein de la société coopérative Openscop, de l’association Alolise, et de Zoomacom).

Une rencontre imprévue au Comptoir Numérique (*) entre Matthieu Gerphagnon, animateur environnement au Comité d’animation sur le Parc de Montaud et Eddie Javelle, Community Manager et contributeur à OpenStreetMap a enclenché le projet qui s’est concrétisé fin juillet par deux cartographies sur les chemins du Parc.

Les relevés de terrain importés dans JOSM

Le lundi 23 et le jeudi 26 juillet, deux groupes d’enfants encadrés par des animateurs /trices du Comité d’animation ont parcouru les chemins du Parc tablettes tactiles en main pour relever des traces GPS et prendre des photos et des notes permettant de saisir les informations dans la base.

Le vendredi la plupart des chemins du Parc étaient saisis dans la base de données OpenStreetMap et visibles sur le site Openstreetmap.org. Les éléments notables de la partie sud du Parc étaient enfin visibles sur la carte.

Il reste des éléments à préciser et sans doute des rectifications à effectuer et une rencontre à la rentrée permettra de procéder à des retouches avant d’extraire les informations permettant de doter le comité d’animation d’un fond de plan lui permettant de réaliser ses propres cartes.

En attendant, ces cartoparties ont permis de valider le format d’animation et d’en tirer de l’expérience qui permettra à d’autres structures d’en mettre en place sur leur propre territoire. À cet effet, une fiche pratique a été ajoutée dans le Guide Numérique de la Cyberloire : Organiser une cartopartie en EPN.

Il est probable que la ville de St-Étienne dispose dans son système d’information géographique de données très précises sur le Parc (et les autres parcs et jardins du territoire). Si l’on se place dans une optique d’efficacité, il serait sans doute plus intéressant de demander à celle-ci de fournir ses données. On entre là dans un autre domaine de médiation numérique, consistant à participer à la diffusion et à l’utilisation des données ouvertes (OpenData). Ou du moins, dans un premier temps à solliciter des services publics qu’ils rendent leurs données disponibles (et exploitables…). Vaste chantier. En attendant, l’approche « faisons-le nous même« , en particulier pour des groupes d’enfants, est à la fois valorisante et éducative. Cartographier un environnement qu’on pense connaître permet d’y porter un autre regard et l’on est parfois surpris de ce qu’on y découvre encore.

 

(*) Notez que le Comptoir Numérique est un tiers-lieu dont le principe même encourage ce genre de rencontres… imprévues mais pas complètement laissées au hasard.